Il est cependant indispensable de préciser que cette page n'a pas pour vocation d'être un état des lieux des théories existantes.
En tant que cyg, j'ai un parti pris pour le développement durable du point de vue de l'insertion économique.
Je vais donc développer mon angle de vision, tout en restant ouverte à tous les commentaires.
Dès la fin des années 60, la prise de conscience des problèmes écologiques causés par les activités humaines émerge sur la scène publique. La publication du rapport « Halte à la croissance » par le Club de Rome en 1972 est l'un des tournants décisifs dans l'émergence du développement durable. Ce travail de chercheurs du MIT (Massachussets Institute of Technology) montre l'incompatibilité entre un système basé sur la croissance éternelle et les limites d'un monde fini, notre planète.
Le rapport Brundtland de la commission mondiale sur l’environnement et le développement, soumis à l’assemblée générale des Nations Unies fin 1987 donne la définition du développement durable : “Un développement qui permette aux générations présentes de satisfaire leurs besoins sans remettre en cause la capacité des générations futures à satisfaire les leurs”. Ainsi, le développement durable peut être défini en termes techniques comme un sentier de développement sur lequel la maximisation du bien-être des générations actuelles ne conduira pas à des baisses du bien-être futur. La poursuite de cette voie impose l'élimination des externalités négatives responsables de l’épuisement des ressources naturelles et de la dégradation de l’environnement. Elle impose également la maîtrise des biens publics indispensables à la poursuite à long terme du développement économique, comme ceux qui reposent sur le bon fonctionnement des écosystèmes, la salubrité de l’environnement et la cohésion de la société. Pour un développement durable, il importe également de conserver une souplesse suffisante pour répondre aux chocs futurs, même si leur probabilité, leur ampleur et la localisation de leurs effets ne peuvent être évaluées avec certitude.
Vers une formalisation du concept de développement durable : L’idée de “Triple Bottom Line“ (triple résultat)
L'expression a été créée par John Elkington, cofondateur du premier cabinet de conseil en stratégie de développement durable britannique SustainAbility, en 1994. Cette approche est globalement admise c’est pourquoi nous l’avons choisie comme fondement de notre réflexion. Elle se fonde sur l’idée qu’il est possible de concilier durablement les préoccupations économiques, environnementales et sociétales.
Le développement durable est alors représenté comme l’intersection entre des cercles de taille équivalente entre l’économie, le social et l’environnement.
- l’économique, traduisant la recherche par le développement durable d’un objectif de croissance et d’efficacité économique ;
- le social, exprimant le fait que ce développement durable doit partir des besoins humains et donc répondre à un objectif d’équité sociale ;
- l’environnemental, signifiant que l’objectif de développement durable doit contribuer à préserver, améliorer et valoriser l’environnement et préserver les ressources pour le long terme.
Giddings, Hopwood et O’Brien (2002) mettent d’ailleurs en garde contre les risques inhérents à une telle segmentation des trois dimensions. En effet celle-ci minimise leurs interconnections, suppose que des compromis peuvent être fait et conduit à donner la priorité à certains éléments plutôt qu’à d’autres. Les trois auteurs proposent une nouvelle vision du développement durable : les trois cercles de la « triple bottom line » ne sont plus seulement en intersection mais deviennent concentriques : l’économie est le plus petit cercle, inclus au cœur des deux autres car elle repose sur la société qui elle-même dépend de l’environnement. Ce modèle nous semble plus en accord avec l’approche mise en avant par l’insertion par l’activité économique qui inclut la performance économique dans les préoccupations sociales et suggère une conception notablement différente de notre manière de concevoir le monde.
À ces trois piliers s'ajoute un enjeu transversal, indispensable à la définition et à la mise en œuvre de politiques et d'actions relatives au développement durable : la gouvernance.
Tous ces éléments ont fait du développement durable un objectif clé dans la formulation des politiques nationales et régionales, de même que dans les relations internationales entre les pays au XXIe siècle.
Le déploiement d’une nouvelle gouvernance écologique
Apparu pour la première fois en 1987 sur la scène internationale, le concept de développement durable a acquis sa légitimité en 1992, à la Conférence de la Terre à Rio avec la publication de l’Agenda 21. Ce texte, adopté par 178 gouvernements, fixe les lignes de progrès que l’humanité devrait adopter au XXIème siècle pour maintenir son développement économique et social dans un environnement vivable.
Le concept du développement durable fait l’objet de travaux permanents de la Commission mondiale du développement durable, de chaque État et Institution internationale pour en intégrer les principes au sein de leurs législations.
Une gouvernance des états
Cet objectif de développement durable, est inscrit dans la charte de l’environnement, adossée à la Constitution française, et dans les objectifs de l’Union européenne (traité d’Amsterdam).
Le Grenelle de l’environnement (6 juillet 2007) a associé l’État et la société civile afin de définir de nouvelles actions pour assurer un développement durable en France. Six groupes de travail, composés de représentants de l’État, des collectivités territoriales, des organisations patronales et syndicales, et des ONG, se sont réunis pour couvrir l’ensemble des thèmes du changement climatique et de l’énergie, de la biodiversité et des ressources naturelles, de la santé et de l’environnement, des modes de production et de consommation durables, de la démocratie écologique, des modes de développement écologique et de l’emploi et la compétitivité. Deux intergroupes, consacrés à la question des OGM et des déchets, ont également été constitués. En Mai 2010, la loi dite du Grenelle 2 entérine les objectifs fixés par le premier volet de la loi en les déclinants chantiers par chantier et secteur par secteur. C’est un texte d’application et de territorialisation du Grenelle Environnement et de la loi Grenelle 1. Il permet d’enraciner la mutation écologique à la fois dans les habitudes et dans la durée. La quasi-totalité des activités économiques vont bénéficier, à terme, de la réorientation résolue de notre société vers le développement durable, que ce soit par l’effet de diffusion des innovations, le développement de la demande, ou l’évolution des normes. Enfin, le projet de loi a pour ambition de mettre en œuvre une nouvelle "gouvernance écologique" : Une gouvernance écologique qui doit considérer les collectivités locales dans leurs spécificités et la responsabilité des entreprises, publiques comme privées.
Une gouvernance territoriale
Adopté en réunion interministérielle en juillet 2006, le cadre de référence national des projets territoriaux de développement durable, élaboré en concertation avec les autres ministères, les associations d’élus et les collectivités locales, a permis de donner un cadre et une définition commune aux agendas 21 locaux. Il s’appuie sur un diagnostic partagé, une démarche participative et l’évaluation régulière des progrès accomplis.
Du développement durable à la consommation durable : la croissance verte
Luis Alberto Ferraté Felice, président de la Commission des Nations Unies, a fait observer que « le développement durable exige une transformation des valeurs et des principes qui influencent directement les stratégies de développement et les modes de vie ».Les spécialistes convergent dans leur diagnostic : les enjeux du développement durable débouchent tous sur la question de la consommation et donc de la production. La remise en question des modes de consommation et de production traditionnels, hérités du modèle de développement des sociétés industrialisées des XIXème et XXème siècles, est au cœur de la problématique du développement durable. La croissance verte est un mode de développement économique respectueux de l’environnement. Elle concerne les éco-activités (assainissement de l’eau, recyclage et valorisation énergétique des déchets, dépollution des sites, énergies renouvelables) mais aussi les secteurs traditionnels (transport, agriculture et bâtiment).
« Le passage à une croissance verte ne peut en effet s’envisager sans de nouveaux modes de production et de consommation plus durables, qui permettent l’essor d’une économie plus sobre et plus économe en énergie et en ressources naturelles. Atteindre cet objectif repose sur l’engagement de tous, État, entreprises, collectivités locales et consommateurs », a annoncé Jean-Louis Borloo.
Nous allons donc, commencer par ce qui se passe dans notre région, c'est à dire les decisions prises dans le cadre de l'agenda 21 et sa mise oeuvre:
Pour un avenir durable en Vaucluse.